Frank Gygli

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Ma route vers le rhum

dégustations - bibliographie

Comme tout le monde, enfin celles et ceux qui apprécie, j'ai découvert le rhum dans des punchs.

Je devais avoir 16 ans et je faisais quelques petits extras de sommelier, ou serveur, c'est comme bon vous semble, dans un café bien connu à Genève. Moustache venait de vendre et l'équipe de potes qui avait repris les Granges de Malval organisa une semaine antillaise. Musique, cuisine et punchs faisaient partie du programme. Le groupe s'appelait Madras Express, si ma mémoire set bonne, avec Roger à la guitare double manche (12 et 6 cordes)et Kiet en guest star, un guitariste soliste hors paire.

Sur le moment, j'ai trouvé que le piment était trop fort. A peine tu y touchais tes doigts en étaient imprégnés et gare aux larmes si tu avais le malheur de frotter tes yeux.

En revanche, j'ai tout de suite flasher sur les rythmes envoutants des bambous. Je n'ai jamais su le nom de cet instrument, mais je pourrais en fabriquer un facilement. Prendre quatre bambous d'1 mètre 20 de long et 5 centimètres de diamètre pour en faire deux X (mais avec les jambes plus longues que les bras, si vous voyez ce que je veux dire). Prendre ensuite un bambou d'une dizaine de centimètres de diamètre et d'1 mètre 20 de long et le placer de manière à relier les deux X. Cela forme une sorte de chevalet. Se procurer encore deux bambous de 30 centimètres de long et 1 centimètre et demi de diamètre en guise de baguettes. Disposer le chevalet face à soi et battre le rythme avec les baguettes de bambou.

Enfin, j'ai été initié au punch planteur et au punch coco... ma préférence allant immédiatement à cette union gustative astucieuse, celle du rhum, du sucre et du lait de coco.

Je vous assure, c'est comme cela que le virus m'a été inoculé.

Puis, pendant 8 ans, plus rien. Je ne pourrais pas le jurer, mais si j'ai bu un punch ou un verre de rhum dans ces années-là, je ne m'en souviens plus. 8 ans plus tard donc, je retrouve une partie de l'équipe des potes des Granges au Chat Noir de Genève (Carouge). Et là, c'est le retour en force du virus. Quelques gorgées de punch coco et boum.

Je crois que plus encore que le virus du rhum, c'est le virus des îles qui s'est réveillé. Il fallait que j'y aille un jour au pays du rhum.

Mais bon, à l'époque, je ne roulais pas sur l'or, alors je me contentais de rêver et de siroter.

10 ans après avoir contracté le virus, j'ai fait un voyage en Indonésie, sur les îles de Java, Madura et Bali. J'y découvrit l'excellente Bir Bintang, mais pas de trace du délicieux breuvage de canne à sucre.

Il me faudra attendre encore 6 ans, donc 16 ans après le premier punch coco, avant de pouvoir m'envoler pour les Antilles... à Sainte-Lucie.

Et là, le virus mute. Je découvre un rhum local, disparu aujourd'hui et racheté par une compagnie de la Barbade (voir ici). Mais là, plus de mélange, plus de coco, pas même de sucre ajouté ou de citron. Non, depuis, je bois le rhum pur afin d'en savourer tous les arômes.